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Pour qu’un enfant grandisse
Il faut tout un village

Proverbe Africain

Il y a toutes sortes de façons de faire du vin.
On peut aux deux extrêmes, le faire avec une attitude romantique ou, comme un business avec une calculette.
On peut aussi ne pas faire de vin.
Quand j’étais jeune, j’ai choisi de ne pas en faire.

J’appartiens à une famille qui depuis quatre générations élabore des vins. Ainsi, nous avons ramassé du raisin pour le vinifier en Algérie, au Chili, dans la Loire, dans le Languedoc et aussi à Bordeaux. Tout cela autour du cœur les « Etablissements Valette » qui était à St Ouen (Paris) pour les vins de Négoce.
Mon arrière-grand-père Alexandre, a fait l’acquisition de Château Pavie et de Troplong Mondot dans les années 40 alors qu’à cette époque, la réputation des terroirs de Saint Emilion n’était pas ce qu’elle est aujourd’hui.
Je retiens de lui une aptitude à anticiper le potentiel d’un lieu.
Mais revenons à moi, le monde m’apparaissait vaste et passionnant, la terre vous fixe, vous enracine, ce qui était en quelque sorte à l’opposé de ce que je cherchais.
J’ai donc décidé de tenter une carrière artistique dans la danse moderne et le jazz.
J’ai, dans ces milieux, rencontré beaucoup de gens totalement engagés dans  leur passion.
L’artiste est un médium, pour émouvoir les gens il faut qu’il entre en vibration, qu’il soit traversé par une inspiration et bien sur qu’il travaille énormément pour extérioriser ce qu’il reçoit.
Ce sentiment, je l’ai retrouvé quelques années plus tard quand j’ai décidé à mon tour de m’enraciner et de revenir au vin.
J’ai pris mon temps et, au hasard des rencontres, je me suis formé à la fois de manière scolaire mais aussi et surtout au contact de quelques personnages tous différents mais au caractère bien trempé.,Ainsi j’ai accompli une sorte de chemin initiatique auprès de Jean Paul Valette au Château Pavie, de François Mitjaville au Château le Tertre Roteboeuf, de Peter Sichel dans les Corbières , de Maryse Barre et Stéphane Derenoncourt au Château Pavie Macquin et enfin auprès de Anne Calderoni, pour la découverte et l’approfondissement de la Biodynamie.

De ces sensibilités très différentes, j’ai acquis la conviction qu’il fallait trouver une synthèse entre la tradition de finesse et d’élégance des grands crus, et l’approche hédoniste actuelle qui réclame du fruit, du plaisir, de la fraîcheur en bouche, en un mot des vins qui soient déjà délicieux à boire jeunes tout en gardant un potentiel de garde s’ils sont élaborés sur de grands terroirs.,Comme le dit si bien Gérard Margeon (sommelier du groupe Ducasse) : « Faire des vins qui aillent dans le sens de l’évolution de la cuisine des chefs (de plus en plus élégante et affinée jusqu’à exprimer l’essentiel du produit). Cette cuisine épurée demandant des vins tendus, affutés, avec de la minéralité, de la puissance certes, mais en énergie et non en alcool ni en boisé. »
C’est aussi à cette époque que s’est enracinée en moi l’idée qu’il fallait revenir à une agriculture qui respecte le biotope. Je savais donc que j’allais m’orienter vers l’agriculture biologique et j’étais résolu à me renseigner sur la biodynamie.

Puis est venu ce jour où je me suis installé au Clos Puy Arnaud avec l’idée de développer une vraie philosophie de production.
Le Cru de Puy Arnaud est cité dès 1874 dans le livre « Bordeaux et ses Vins » de Ch. Cocks  des éditions Féret.
Ses vins sont classés comme 1er cru .
Dans l’édition de 1898  du même ouvrage, il est écrit : « Le Cru de Puy Arnaud comprend 15 ha situés sur les rochers de Puy Carpin aux confins de Sainte Colombe. Complanté en cépages fins, cultivé avec les soins les plus parfaits, il produit un vin des plus recherchés de la contrée. »
A noter qu’à cette époque, Puy Arnaud faisait partie du Saint Emilionais. Cet état de fait se prolongera jusqu’au premier classement de Saint Emilion dans les années 1950.
A noter aussi qu’au moment du classement des crus bourgeois du Médoc, dans les années 1930,  il y avait une trentaine de Crus Bourgeois sur les territoires actuels des Castillon et Franc / Côtes de Bordeaux.
Le relatif oubli de ces zones dans la deuxième partie du 20ème siècle a permis, à partir des années 1990,  l’émergence d’une élite très talentueuse du fait du prix abordable des terres. Ce mouvement continue encore actuellement, faisant de cette véritable campagne du sud-ouest de la France aux paysages vallonnés (où subsiste encore des zones de bois et de prairies favorables à la biodiversité), un laboratoire très créatif où s’exprime des vignerons de grand talent (une nouvelle frontière de crus de Bordeaux) avec une viticulture orientée « bio » et des vins qui ne cessent de surprendre par leur progression qualitative, certains allant même titiller (voir plus ?) les plus grands Pomerol et Saint Emilion.

 

 


 

 

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