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SI SEULEMENT VOUS POUVIEZ VIVRE DES SENTEURS DE LA TERRE, ET TELLE UNE PLANTE VOUS SUSTENTER DE LUMIÈRE…

K Gibran

L’art du vigneron consiste à mon sens à trouver le moyen d’aider chaque parcelle à s’exprimer au mieux en tenant compte de son unicité. Autrement dit, il n’y a en viticulture que de vérité du lieu et ce qui va fonctionner ici sera peut être caduc là. Comme le dit très bien Kant « Chronologiquement, aucune connaissance ne précède en nous l’expérience et c’est avec elle que toutes commencent ».
Une exploitation viticole est souvent un espace de monoculture donc c’est une zone à priori en déséquilibre et il faut tout faire pour contrebalancer cet état de fait. On a à sa disposition, l’environnement proche des vignes (bois, prairies, création de haies sur les derniers rangs de vigne et aussi les inter rangs qui, bien gérés peuvent par des semis annuels, adaptés aux sols, être à la fois source de matière organique, de bonne structuration des sols et de bio diversité.

La conception actuelle de l’élite viticole tend vers une viticulture de haute précision à mon sens un peu trop esthétique et aussi trop soucieuse de son image . Il en découle un abus d’effeuillage, de rognages, de tonte de l’herbe, de vendanges en vert  etc….   A l’inverse une agriculture dite naturelle (à la mode elle aussi dans d’autres sphères) succombe peut être un peu trop à l’image d’Epinal (la nature s’occupe de tout  !) pour dédouaner le vigneron de ses efforts et de sa peine.
Nous essayons de mener la vigne vers le but que l’homme lui a assigné depuis qu’il la taille*(voir Ps) : produire de beaux raisins en lui laissant la possibilité d’être entourée de bio diversité, d’avoir un certain niveau d’expression et donc d’alterner des moments où nous laissons la plante s’exprimer (pousse des engrais verts, pas de tontes avant la floraison et la diffusion des graines des adventices, tonte pas trop rase afin de garder une niche écologique aux insectes, pas de rognage intempestif pour ne pas favoriser les démarrages d’entrecoeurs), et d’autres moments où il faut tout de même structurer le développement (taille, liage, ébourgeonnage, levage, parfois quelques vendanges en vert par-ci par-là, effeuillages légers uniquement au levant pour protéger la finesse aromatique et empêcher le grillage des raisins.
Quand aux sols, il s’agit de trouver le bon équilibre afin d’avoir une vigne saine mais qui peine un peu à produire de beaux raisins de cuve…
Nos vignes sont bien tenues et nous demandent beaucoup d’effort mais dans un esprit de jardin à l’anglaise……….
Enfin, concernant les cépages, nous favorisons la replantation du Cabernet Franc afin d’en augmenter le pourcentage (l’objectif est d’arriver à 40% d’ici quelque années) et nous allons probablement planter une parcelle de sélection massale de Petit Verdot en 2013. Actuellement le vignoble est composé de 70% de Merlot , de 25% de Cabernet Franc et de 5% de Cabernet Sauvignon.

Ps :*ce qui n’est pas naturel : en fait le fin mot de l’histoire semble être que dans l’antiquité, l’homme s’est aperçu que les vignes qui étaient broutées par des chèvres donnaient des  raisins à la différence de la vigne en liberté qui pouvait coloniser les arbres.

 

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